Le royaume de France n’est pas seulement le plus peuplé d’Europe au XVIe siècle, c’est aussi un des plus riches. Il convient cependant de distinguer la situation avant les guerres de religion, qui ont très logiquement perturbé les différentes productions, et l’œuvre d’Henri IV, qui profite de la pacification du royaume pour relancer l’activité après 1594.
La structure de la population, composée à 90% de ruraux, fait que cette richesse est avant tout agricole. Avant l’effort entrepris par Henri IV et son entourage, l’agriculture est avant tout tournée vers la subsistance. L’essentiel de la production concerne les céréales, dont la variété (avoine, seigle, froment, méteil, mil, sarrasin…) masque mal les faibles rendements. L’assolement (plutôt triennal au Nord et biennal au Sud) permet tout juste à la terre de se reposer. Le problème est aggravé par la poussée démographique qui oblige non seulement les hommes à défricher de nouvelles terres (souvent plus ingrates à cultiver) mais aussi à morceler les exploitations lors des héritages, ne laissant qu’une superficie insuffisante pour faire vivre la famille.
À côté des céréales, certaines productions sont destinées à l’exportation. Les vins de Bordeaux ou d’ailleurs (Basse-Loire, Beaune…), ainsi que le pastel du Lauragais, l’huile d’olive de Provence ou le sel de Méditerranée gagnent par routes et par mer l’Angleterre, l’Allemagne, les Pays-Bas ou l’Espagne.
Enfin, le royaume de France est aussi riche de ses manufactures. Le textile domine l’activité avec les draps de laine de Normandie, de Picardie et de Champagne, les toiles de lin et de chanvre de Bretagne, Bresse, Beaujolais et Lyonnais, ainsi que la culture de la soie récemment introduite. Les mines et la métallurgie de Normandie, du Dauphiné ou du Forez permettent de produire armes Implantation en cours.