L’histoire institutionnelle du XVIe siècle donne souvent l’impression de structures complexes et mouvantes dont il est très difficile de dégager un organigramme.
Au sommet de la pyramide se trouve le roi. Selon l’expression traditionnelle « le roi est mort, vive le roi ! », le nouveau monarque monte sur le trône au moment même de la mort de son prédécesseur. Pourtant, dans le royaume de France, c’est la cérémonie du sacre qui « fait » véritablement le roi. Depuis Pépin le Bref au VIIIe siècle, tous les souverains français sont en effet sacrés. Au cours de cette cérémonie religieuse, généralement célébrée à Reims, l’archevêque procède à l’onction du roi à l’aide de la Sainte-Ampoule. Le roi de France devient alors le lieutenant de Dieu sur terre, ce qui lui confère un prestige incontestable en Europe. Le serment prononcé lors du sacre décline les missions idéales conférées au roi de France ainsi élu par Dieu. La première consiste à conserver la « vraie paix » dans son royaume. Il doit ensuite garantir le respect d’une bonne justice et défendre l’orthodoxie religieuse en promettant de chasser les hérétiques du royaume. On comprend ainsi qu’Henri IV ait attendu de se faire catholique pour ensuite être sacré en 1594.
Même si le roi de France est considéré, au moins depuis saint Louis, comme « Empereur en son royaume », c'est-à-dire qu’il bénéficie d’une autonomie totale vis-à-vis des autres puissances temporelles en Europe, son pouvoir n’est pas sans limite.
Les lois fondamentales du royaume, auxquelles le souverain est censé se soumettre, constituent la première. Celles-ci sont un ensemble de huit grands principes coutumiers : primogéniture, masculinité, indisponibilité de la couronne, permanence, majorité royale à 13 ans, respect du serment du sacre, inaliénabilité du domaine royal et, à partir d’Henri IV, catholicité du monarque.