Malgré la conclusion de la paix, les prises d’armes et « coups de main »
recommencent, menés pour l’essentiel par le prince de Condé pour les
réformés. Il décide de prendre La Fère le 29 novembre 1579. C’est le
début de la septième guerre, dite « guerre des amoureux » car, selon la
tradition initiée par Agrippa
d’Aubigné, c’est à cause de Marguerite de Valois et de ses intrigues
amoureuses que les hostilités auraient repris. Cette guerre n’a pas l’ampleur
des précédentes. En premier lieu, elle n’intéresse pas toutes les communautés
protestantes. Certains « fiefs » historiques tels que La Rochelle ou l’immense
majorité du Languedoc ne bougent pas. Ensuite Henri de Navarre
lui-même semble d’abord vouloir rester neutre avant de s’engager plus tard,
en réaction aux actions du maréchal de Biron en Guyenne. En dépit de son
coup d’éclat au siège de Cahors (28 mai-1er juin 1580) où Henri laisse
entrevoir de belles aptitudes militaires, les opérations tournent en faveur du
camp royal. Les négociations s’engagent par l’entremise du
duc d’Anjou.
Elles débouchent sur la signature du traité
du Fleix le 26 novembre 1580, confirmé par Henri III le 26 décembre de la même année.
Entre la signature du traité du Fleix en 1580 et l’édit de Nantes, le chemin est encore long. Le premier offre un répit de quatre ans aux belligérants. Mais le 10 juin 1584, François d’Anjou, frère d’Henri III et successeur désigné en l’absence d’héritier du couple royal, meurt de la tuberculose. La perspective de voir accéder au trône Henri de Navarre, protestant et relaps mais héritier en vertu de la loi salique, hérisse les catholiques les plus fervents. Leur réaction ne se fait pas attendre et en septembre 1584, emmenés une nouvelle fois par les Guise, ils créent une ligue nobiliaire. Presque simultanément une « Sainte Ligue », roturière et radicale, est créée à Paris.