Pour la seconde fois en quelques années, Henri de Navarre se retrouve otage à la cour, privé de liberté par ceux-là même qui ont commandité le massacre. Si Condé abjure dès le 12 septembre 1572, Henri gagne du temps et ne cède pas immédiatement aux pressions. C’est finalement le 26 septembre qu’il regagne, contraint et forcé, le giron de l’Église catholique. C’est déjà la cinquième fois qu’il change de religion et il n’a pas vingt ans… Suprêmes humiliations, on l’oblige ensuite à signer un édit rétablissant le culte catholique en Béarn et à participer au siège de La Rochelle, la Genève française, dans les rangs de l’armée royale.
Au cours des quatre années qui suivent, Henri est donc captif dans la prison dorée qu’est la cour. En réalité, si ce n’est la privation de liberté de mouvement et la constante surveillance, la vie d’Henri n’est pas désagréable. Il y apprend à observer, à paraître et s’adonne à son loisir favori, la chasse. C’est d’ailleurs au cours d’une de ces parties de chasse, en forêt de Senlis, qu’Henri, accompagné de quelques compagnons, fausse compagnie à ses « geôliers ». Il se rue alors à bride abattue vers ses terres, son refuge, son Sud-Ouest.