Il revient à Henri IV d’avoir très tôt discerné les compétences de son vieux compagnon et sa capacité à mener à bien les réformes centralisatrices qu’il estime nécessaires. Lorsqu’Henri IV est assassiné en 1610, voilà 35 ans que Maximilien de Béthune, baron de Rosny devenu duc de Sully en 1606, est à son service. C’est en 1575, trois ans après avoir miraculeusement échappé au massacre de la Saint-Barthélemy, que le jeune Maximilien rejoint celui qui n’est encore que le roi de Navarre. Ils ne se quitteront plus. Sully, qui restera fidèle à sa foi huguenote, est de tous les combats. Il se distingue surtout sur les champs de batailles, à Coutras, Arques, Ivry, aux côtés de son ami. C’est là, dans l’expérience partagée du sang et de la poudre, que leur amitié est cimentée. Plus tard, Sully se distingue par un sens de l’organisation, de l’ordre et de la méthode qui lui permettent de cumuler un nombre impressionnant de charges et à Henri IV de mener à bien sa reconquête du royaume.
Entré par la petite porte avec une charge de conseiller d’État en 1590, Sully doit attendre l’année 1596 pour donner la pleine mesure de ses talents. À partir de cette date, il va progressivement devenir le ministre le plus important d’Henri IV et, à ce titre, être la cheville ouvrière du redressement spectaculaire de l’économie. Membre du Conseil des affaires et du Conseil des finances en 1596, il devient, surintendant des fortifications, grand voyer de France et grand maître de l’artillerie en 1599, gouverneur de la Bastille et surintendant des bâtiments en 1602 et même gouverneur du Poitou en 1603. Ses compétences couvriraient aujourd’hui le champ de six ou sept ministères… Parallèlement, Sully accède aux plus hautes dignités : celui qui était devenu baron de Rosny à la mort de son frère aîné en 1575, devient marquis en 1596 puis duc de Sully et pair de France en 1606. En 1634, le vieux soldat d’Henri, âgé de 75 ans, reçoit même le titre de maréchal de France.