Le leitmotiv diplomatique de la France du XVIe siècle constitue le premier sujet de préoccupation : comment se débarrasser de la tenaille Habsbourg qui enserre la France ? En ce début d’année 1610, Henri a pris sa décision. Ce sera la guerre. Le prétexte lui a été donné par un problème de succession. En mars 1609, le duc Jean-Guillaume de Clèves est mort sans héritier direct. Son territoire constitue un vaste ensemble aux confins de l’Empire germanique, des Pays-Bas espagnols et des Provinces-Unies. Bref, un carrefour stratégique. Cette affaire va constituer la toile de fond de la fin du règne d’Henri IV : au premier plan, une bataille de succession entre prétendants protestants et catholiques, dont l’empereur Rodolphe II ; en arrière plan, la possibilité d’une déflagration européenne redéfinissant les rapports de force au profit du roi de France et aux dépens des Habsbourgs.
Henri, après avoir longtemps hésité, se lance sur cette voie après que Rodolphe II se soit emparé de l’héritage avec l’aide de l’Espagne. Henri montre les muscles, envoie des armes et menace la frontière. En coulisse, ses conseillers bellicistes, tels Sully, poussent à la guerre et s’y préparent car ils y voient l’occasion de bouleverser définitivement la carte géopolitique de l’Europe.