Au-dehors, c’est la cohue. On s’est jeté sur l’assassin qui n’a pas cherché à fuir, comme paralysé par la portée de son acte. On le roue bientôt de coups et il s’en faut de peu pour qu’il ne soit lynché sans autre forme de procès. Le duc d’Épernon - qui a vu en d’autres temps Jacques Clément, l’assassin d’Henri III, criblé de lames immédiatement après son forfait - s’interpose : « Ne frappez pas, il y va de votre tête ! ». Craignant la colère de la foule, M. de Montigny le conduit à l’Hôtel de Retz, dans la rue Saint-Honoré toute proche, où son interrogatoire commence.
Alors que certains gentilshommes se précipitent à l’Hôtel de ville et à l’Arsenal pour porter l’horrible nouvelle, La Force couvre le roi ensanglanté de son manteau. Il tente ensuite de rassurer le peuple en criant que « le roi n’est que légèrement blessé », fait baisser les mantelets des portières et ordonne un retour précipité au Louvre. Au palais, la nouvelle de l’attentat a précédé le retour du carrosse. Arrivés dans la cour carrée de Montbazon, de Vitry, de Curson et de Noirmoutier portent précipitamment le corps sans vie du roi dans le petit cabinet de la reine, où il est installé sur un lit. C’est là, alors qu’il est encore vêtu de son pourpoint ouvert et de sa chemise sanglante que le cardinal de Sourdis et son aumônier lui adressent quelques prières d’exhortation. Mais c’est bel et bien fini. Henri IV, roi de France et de Navarre n’est plus.