Henri IV était doté de ce que nous appellerions aujourd’hui un sens aigu de la communication, voire de la propagande. Cette préoccupation est d’abord perceptible dans sa volonté de contrôler la diffusion d’informations qu’il juge capitales. Ainsi, après la bataille d’Ivry délivre-t-il un véritable « communiqué militaire » faisant état de sa victoire. La distribution de tracts - pour tranquilliser les Parisiens après son entrée dans Paris en 1594 ou pour rassurer ses sujets sur son état de santé après l’attentat manqué de Jean Châtel la même année – est aussi caractéristique d’une façon très moderne de communiquer.
Soucieux de ce que l’on pense de lui, de l’image qu’il entend donner à ses contemporains et laisser à leurs descendants, Henri cherche ensuite à contrôler le récit de ses faits et gestes. Tous les moyens de l’époque sont utilisés pour « mettre en images » les principaux événements : proclamations, chroniques, histoires, estampes, gravures, peintures (en particulier les tableaux de François Bunel et de François Pourbus), sculptures et médailles. Henri a également besoin d’être reconnu. Très vite, la propagande royale s’attache à diffuser l’image du Béarnais, reprise par la suite : grand nez, panache blanc, écharpe blanche sur la cuirasse, moustache et barbiche.
Ainsi, paraît au fil du temps une véritable histoire illustrée de sa vie et de ses actions qui pose les premiers jalons d’une légende en construction.