Pour des hommes pétris de culture humaniste, la référence à l’Antiquité est omniprésente. Ainsi, toutes les figures mythologiques, historiques ou héroïques sont convoquées pour souligner les aspects sur lesquels on entend insister, transformant très tôt Henri en héros de légende, mi-homme mi-dieu. Au fil de ces récits, Henri est donc décliné sous les atours de Mars, Apollon, César, Alexandre ou Auguste en majesté.
Dans cette litanie, le thème du nouvel Hercule ou de l’Hercule gaulois (représenté avec massue et peau de lion) est particulièrement utilisé et devient même, à partir de 1592, la représentation majoritaire du roi. L’association du roi et d’Hercule n’est pas nouvelle à l’époque d’Henri IV. Il y a longtemps que les souverains français se reconnaissent dans la légende qui voulait qu’Hercule ait engendré la dynastie gauloise.
En associant étroitement Hercule et Henri – tous deux ayant, selon la légende, tué un serpent dans leurs berceaux – c’est bien entendu la force physique, la robustesse et le courage du premier que l’on veut faire rejaillir sur le second. C’est aussi une façon d’ancrer plus encore le roi à ses prédécesseurs et ainsi faire taire les critiques sur sa légitimité.
Les représentations « à l’antique » d’Henri sont innombrables. Il participe au mouvement de sa propre mythification en organisant de somptueuses entrées royales dans certaines villes. Henri reprend en cela la tradition médiévale des entrées solennelles des rois en y ajoutant une dimension illustrative déterminante. Il ne s’agit pas de marquer uniquement les esprits des témoins présents mais aussi de diffuser l’image royale suscitée en imprimant textes et images qui l’illustrent.
Ici, les thèmes antiques abondent puisqu’il s’agit de présenter la majesté royale sur le modèle du triomphe des empereurs romains. Le roi, identifié à des modèles humains (César, Alexandre…) peut aussi prendre l’apparence de Mars, Jupiter ou Hercule, pour défiler dans les rues parées d’arcs de triomphe, de sculptures ou d’obélisques d’inspiration antique.