Dans la seconde moitié du siècle, le développement de l’école économique des physiocrates, menée par François Quesnay, est une nouvelle occasion de mettre Henri IV sur le devant de la scène. Partisans d’un retour à la terre et d’une valorisation de ses productions contre le mercantilisme, les physiocrates voient dans l’œuvre économique du bon roi et de son ministre Sully les prémices de leur politique. Sully et sa déclaration sur le « labourage et pâturage » comme étant « les deux mamelles de La France » sont particulièrement encensés par des physiocrates qui sacralisent la terre. La formule du roi sur la poule au pot est, elle aussi, remise au goût du jour et popularisée.
C’est Hardouin de Péréfixe qui le premier avait évoqué ce dialogue entre Henri IV et le duc de Savoie au cours duquel le roi aurait dit : « […] si Dieu me prête encore de la vie, je ferai qu’il n’y aurait point de laboureur en mon royaume qui n’ait le moyen d’avoir une poule dans son pot […] ». La formule avait été reprise et modifiée par Voltaire dans son Essai sur les mœurs quand il rappelle que « les paysans répètent encore aujourd’hui qu’il [Henri IV] voulait qu’ils eussent une poule au pot tous les dimanches ».
Ainsi, Henri IV apparaît une nouvelle fois en prince proche du peuple, soucieux de son bonheur et de sa prospérité, mais également en précurseur de nouveaux courants économiques, roi moderne par excellence. Étrange plasticité d’un personnage que sa complexité rendait « récupérable » par une multitude de causes.